Union Valdôtaine de Paris

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Culture

La Vallée d'Aoste au Salon du Livre de Paris

livre_ptLa Vallée d'Aoste n'a pas raté son rendez-vous avec le Salon international du Livre de Paris qui s'est tenu à la porte de Versailles du 18 au 21 mars 2011. La région y est présente depuis vingt-et-un ans. Elle proposait cette année un espace de cent mètres carrés pour représenter l'assessorat de la Culture et de l'Education et une vingtaine d'éditeurs valdôtains, via leurs ouvrages. Le stand voisinait ceux de la Suisse, de la Slovaquie, de l'Arménie, de l'Algérie et du Maroc.

Selon Gianna Gilli, fonctionnaire du Service des expositions de la Vallée d'Aoste et responsable du stand depuis de nombreuses années, la présence valdôtaine au Salon du Livre de Paris est un outil majeur pour son rayonnement culturel. Elisabetta Ravera, employée de la Bibliothèque régionale d'Aoste et animatrice du stand, se réjouit de pouvoir profiter du Salon pour développer ses contacts avec de nombreux éditeurs francophones et rencontrer des auteurs, notamment ceux issus des territoires d'Outre-Mer et d'Afrique Noire, une littérature dont cette bibliothèque a assuré avec succès la promotion auprès de ses lecteurs ces dernières années.

Régis Brunod, un professeur en pédiatrie issu de l'émigration valdôtaine, qui a enseigné en Vallée d'Aoste avant de poursuivre sa carrière en Martinique, est venu sur le stand pour découvrir les nouveautés. Cette année, il a particulièrement apprécié un ouvrage consacré aux alpages dans la Vallée de Cogne. « Gamin, j'ai été berger dans les alpages de cette vallée, explique-t-il. Pour moi, retrouver ces photos, c'est beaucoup de souvenirs qui refont surface et me touchent ». Henri Bordet, un descendant de Valdôtains de Challand-Saint-Victor, a jeté son dévolu sur les œuvres de fiction de Pierre Leixert et Parfait Jans. La poète Lidia Dejanaz, dont l'Unicef vient de publier l'une des œuvres dans une Anthologie de la poésie, a souvent eu l'occasion de se rendre à cet espace consacré à l'édition valdôtaine. Elle explique son attachement à ce rituel par le plaisir de « venir respirer un peu ici notre Vallée d'Aoste ». Un propos que partage également Michel Portier, de l'Association des Levalloisiens d'origine valdôtaine (Alov), une association qui regroupe de nombreux Valdôtains à Levallois, fief historique de l'émigration valdôtaine depuis la fin du XIXe siècle. « J'aime beaucoup randonner en Vallée et je retrouve chaque année ici de nouveaux ouvrages sur nos montagnes que j'apprécie tout particulièrement ». Historienne de l'art et écrivain originaire de Savoie, Brigitte Hermann vient chaque année sur le stand de la Vallée d'Aoste. « Pour nous, Savoyards, la Vallée d'Aoste est notre cœur, affirme-t-elle. Cette région a su sauvegarder tout ce que, nous, nous avons détruit. C'est pourquoi j'aime particulièrement lire des livres sur la Vallée d'Aoste et me rendre dans la région pour visiter les sites archéologiques et les expositions ». Son mari, le philosophe Philippe Sers, exprime son attachement à la marche en montagne, notamment en Vallée d'Aoste : « Pour le philosophe, il y a une relation privilégiée entre la marche et la pensée. Et puis la montagne est aussi le lieu de la spiritualité. Gravir une montagne est une forme de cheminement initiatique ».

Le stand a permis d'accueillir également des visiteurs de contrées plus lointaines. Venue du Brésil il y a quelques années, Joana Tettamantiz a découvert le stand tout à fait par hasard. Elle a aussitôt appelé son mari par téléphone. Ce dernier lui a confirmé que la Vallée d'Aoste est bien la région dont est originaire sa grand-mère. Elle s'est longuement attardée sur les ouvrages d'histoire, espérant y rencontrer, au détour d'une page, le nom de l'un des ancêtres de son mari. Professeur écossais qui a épousé une émigrée de Donnas, Patrick Quinn s'intéresse à l'histoire du mouvement ouvrier en Vallée d'Aoste et a longuement parcouru les rayons pour satisfaire sa soif de connaissance.

L'Espace Vallée d'Aoste a offert un pot de l'amitié le samedi 19 mars, à 17 h. Il a permis à de nombreux émigrés de la région parisienne de se retrouver autour de spécialités régionales. Les responsables des associations d'émigrés valdôtains s'y étaient donné rendez-vous. Le président du Comité fédéral des sociétés d'émigrés valdôtains (Cofesev), Jean-Pierre Martin-Perolino et Jean-Baptiste Pedretti, le président de l'Union valdôtaine de Paris, ont souligné l'importance que revêt à leurs yeux « la publication d'ouvrages en français et en patois destinés aux plus jeunes. Une manière, estiment-ils, de contribuer à la transmission de l'identité valdôtaine aux générations à venir ». Originaire de Perloz, Gérard Schrepfer, le président de l'Alov, était également présent ainsi que Pierre Bich, président du Cofesev jusqu'en 2009.

La RAI Vallée d'Aoste diffusera le 5 mai prochain un reportage de 24 minutes en français réalisé à l'occasion de cet événement.

Didier Bourg.

Vient de paraître aux éditions Mosquito, de Michel Jans

Thumbnail imageOriginaire de Lillianes, Michel Jans a fondé les éditions Mosquito en 1989, à Grenoble. Plus de cent-vingt ouvrages sont parus depuis cette date, dont certaines BD et des ouvrages de référence sur le neuvième art de Michel Jans. La maison d’édition jouit aujourd’hui d’une renommée internationale pour la qualité de son travail et la cohérence de son catalogue. Elle attire des auteurs de premier plan par l’originalité de ses projets. La maison d’édition de Michel Jans est notamment devenue la référence française en matière de BD italiennes. Après avoir publié des auteurs patrimoniaux comme Toppi, Battaglia ou encore Micheluzzi, il a publié de jeunes auteurs contemporains qu’il fait découvrir au public francophone dans les nombreux festivals et expositions auxquels Mosquito est associée, en France ou à l’étranger, comme le festival BD de Lucca. Michel Jans organise notamment, depuis dix-neuf ans, le très côté Festival 5 jours BD en collaboration avec la ville de Grenoble. Il a également participé il y a quelques années aux manifestations « Fumetti di Frontiera », organisées par les soeurs Katia et Nadia Centomo de Nus. Il nous propose aujourd’hui une BD pour les enfants publiée dans la nouvelle collection jeunesse Lily Mosquito.

On ne présente plus l’auteur belge Marc Wasterlain, père des inoubliables Docteur Poche et Jeannette Pointu. Pour la nouvelle mouture de Pif Gadget, il a créé trois personnages qu’il entraîne dans une aventure échevelée en Afrique. Une rencontre désopilante entre des personnalités aussi loufoques qu’attachantes, sur fond de délire publicitaire et de fast-food génération.

Les Pixels, chasseurs de monstres
de Wasterlain, Editions Mosquito, janvier 2010, 13 €.

La chanteuse Naïf (Christine Hérin) a fait le show à Paris le 12 janvier. Son album sort en France le 22 mars. Elle sera à « Taratata » sur France 2 et France 4 à la même période

naif_ptLa chanteuse Naïf (Christine Hérin), était en concert mardi 12 janvier, à Paris, pour le lancement de son CD français, « Faites du bruit », qui sortira en France le 22 mars. Un véritable show au programme, conjuguant musique, chansons, costumes et jeu théâtral. Par son charisme, son ironie, son énergie et la qualité de sa prestation scénique, l’artiste de Quart a rapidement conquis le public parisien, pourtant réputé difficile, de La Boule Noire. Un public qui lui a réservé une standing ovation à l’issue d’un concert où plusieurs médias et professionnels français s’étaient donné rendez-vous. Ses parents, venus d’Aoste, se sont rendus pour la première fois dans la capitale pour applaudir leur fille. Naïf interprétera deux chansons en live – une de ses compositions et une reprise en duo du « J’aime regarder les filles » de Patrick Coutin – dans l’émission musicale « Taratata », qui sera diffusée sur France 2 et France 4 en mars prochain. Christine Hérin a souligné, à l’issue du concert, qu’elle avait souvent à expliquer à ses interlocuteurs français où était la Vallée d’Aoste et en quoi consistait son identité spécifique. « Tous trouvent cette histoire merveilleuse », précise-t-elle. « Et ce petit territoire qui protège son identité francophone, c’est ça qui nourrit mon univers ». Cette Valdôtaine de 28 ans est aujourd’hui l’une des figures montantes les plus originales de la scène italienne et bientôt de la scène française. Musicienne autodidacte, elle joue en studio et sur scène du piano, de la guitare et de la basse et très jeune commence à composer des chansons et de courts instrumentaux. Elle se consacre à l'étude de la voix et à l'utilisation rythmique et mélodique des mots et a déjà écrit la musique, les textes et interprété plus de cent opus originaux. Chacun de ses morceaux est une expérience musicale à part entière, ce qui fait de Naïf une chanteuse absolument inclassable dans le panorama de la chanson francophone. Une artiste totale, au regard profond et sincère, qui a rôdé son show en une centaine de concerts. A son actif, un duo inoubliable au Blue Note de Milan avec Maceo Parker, une victoire à Musicultura 2009, la participation à de nombreux festivals italiens et européens dont les LuccaSummerFestival, FIMUBelfort, ArezzoWave, TavagnascoRock, Rock au Fort à Albertville… et lors du Summer Festival de Lucca 2007, la première partie de Lauryn Hill, toujours flanquée de son batteur et mari, Simon « Momo » Riva. Artiste aux multiples univers musicaux, elle est aussi souvent sollicitée pour écrire des chansons pour d’autres chanteurs et chanteuses italiens. Son dernier album, mêlant chansons françaises et italiennes, « Naïf Hérin », est sorti l’été dernier. Elle l’a notamment enregistré à Minneapolis, avec et sur invitation des musiciens du New Power Generation, le groupe mythique de Prince, qui l’avaient repérée sur MySpace. Ses prestations scéniques sont toujours des performances visuelles. Très sobre ou excentrique, elle prend un plaisir non dissimulé en live, joue avec le public, transmet son énergie. Cette artiste hors du commun et généreuse construit, loin des sentiers battus, une carrière faite de sensibilité et d’authenticité. « Je me nourris des autres pour rester moi-même. En Vallée d’Aoste, nous ne sommes ni Français ni Italiens mais un produit original de la rencontre entre ces deux cultures. Chez moi on parle patois. Je suis attachée à cette culture et je cherche à la partager ». Le résultat ? Un look caméléon, qui se transforme au rythme des chansons. Une chevelure à rendre jalouse une palmeraie et qui traduit l’attachement de l’artiste à la diversité culturelle. Des musiques inclassables mais toujours captivantes et qui groovent. Un son personnel et atypique où se mêlent funk acoustique, hip hop, house music ou encore trip hop. Mais aussi textes et mélodies intimistes en piano-voix ou ballades poétiques et douces-amères. Le tout restitué d’une voix légère mais intense, soulignée par l’accent pointu et chantant, typique des Valdôtains francophones, qui passe des graves sensuels et retenus aux aigus limpides et fragiles. Ses textes racontent ses rencontres, ses émotions, ses peurs, ses espoirs, ses coups de gueules tendres et ironiques. Ils disent aussi son inquiétude pour « ce monde où rien ne tourne vraiment comme il faudrait, explique-t-elle, et où l’ironie permet de dénoncer des choses graves tout en les mettant à distance, tout en suscitant un espoir ». Son album à paraître en France a bénéficié d’une co-production impressionnante entre Naïf et Pygmalion Records : des featuring de premier ordre (Dr Fink, le guitariste Marc Ribot, le tromboniste Greg Boyer, l’un des pères de la funk music…), d’un mixage avec Bob Coke (qui a notamment travaillé avec Ben Harper) et d’un mastering aux studios Metropolis de Londres. Il contient plusieurs protest songs qu’elle a concoctées en mai et juin dernier dans son studio, installé chez elle, à Vignil, sur les hauteurs de Quart. « J’ai toujours écrit en français. Je suis plus à l’aise avec cette langue qu’avec l’italien. Et c’est pleinement ma culture, au côté de l’italien et du patois ». Très attachée à la langue de Molière, elle a créé et anime depuis 2009 l’émission « RadioNaïf », programme en français de RadioUno Valle d’Aosta qui permet la découverte des artistes de la scène musicale française. Davantage acoustique que son dernier disque paru l’été dernier en Italie, son album français contient, selon Christine Hérin, « des textes plus matures, plus engagés ». La chanson « Faites du bruit » raconte ainsi l’histoire de souris qui sont appelées à se révolter contre leur sort. « C’est une image de la situation des êtres humains aujourd’hui ». Sensible à l’état du monde, Naïf dénonce sur scène et hors scène la situation sociale de son pays et le démantèlement par le pouvoir actuel de tout ce qui est dédié à la culture. « En 2009, à cause de la crise bien sûr mais aussi en raison d’une politique volontairement désastreuse à l’égard de la culture, beaucoup d’artistes ont dû arrêter leur tournée et ne trouvent plus aujourd’hui d’espaces d’expression. En France, on soutien la culture. En Italie, l’art est tué par le business ». Une démarche étrangère à Naïf qui offre, elle, ses titres en téléchargement libre sur internet. Christine Hérin a une envie irrépressible de « faire bouger les choses » dont témoignent ses choix de carrière courageux et ambitieux. La Vallée d’Aoste peut s’enorgueillir aujourd’hui de compter une telle artiste dans son patrimoine culturel. Alors que les autorités régionales viennent de décider d’investir 27 200 € pour l’achat du CD « La mia Valle », dans lequel Mogol dédie une chanson éponyme à la Vallée d’Aoste et ont multiplié les financements de cet artiste, il serait tout à l’honneur de l’assessorat à l’Education et à la Culture de soutenir pleinement cette ambassadrice pleine de talent, sympathique et attachante qui fait rayonner l’identité valdôtaine sur les scènes européennes et dans les médias. Son seul passage à l’émission Taratata, en mars prochain, est en soi une opportunité de premier plan pour faire connaître la région. Christine Hérin trimballe son regard décalé et chaleureux sur la vie et les êtres. Une tendre à la tête dure ? Un pur produit valdôtain en somme ! (Didier Bourg – Janvier 2010)

•    Retrouvez la musique, les vidéos et l’actualité de Naïf sont sur MySpace – http://www.myspace.com/naifspace
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