Union Valdôtaine de Paris

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Emigration valdôtaine

A2.Union Valdôtaine de Paris-Emigration valdôtaine On estime à 500 000 le nombre de Français d’origine valdôtaine, soit quatre fois la population actuelle de la Vallée d’Aoste. Une émigration valdôtaine ancienne s’est d’abord tournée vers l’Allemagne, depuis la vallée de Gressoney où la pratique des dialectes alémaniques de cette zone walser facilitait une telle destination. Elle a atteint son apogée au milieu du XVIIIe siècle et s’est prolongée durant une bonne partie du XIXe siècle. Mais la principale émigration valdôtaine s’est produite vers la France, la Suisse, les Etats-Unis et l’Amérique du Sud dès le milieu du XIXe siècle et jusque dans les années 1950. À la fin du XIXe siècle, la Vallée d’Aoste va vivre des transformations radicales sur le plan économique et social. La politique libérale voulue par Cavour va engendrer la crise de l'industrie valdôtaine, représentée principalement par les secteurs miniers et métallurgiques. Elle va aggraver, par effet, la situation déjà difficile des zones agricoles. Entre 1862 et 1911, plus de vingt mille Valdôtains, soit un cinquième de la population totale, sont obligés d'abandonner définitivement leur patrie pour chercher fortune ailleurs. Malgré le chemin de fer qui relie depuis 1886 la Vallée d'Aoste à la plaine du Pô, peu de ces migrants songent à l'Italie. Ils préfèrent emprunter, à pied, les anciens cols alpins pour se rendre en France ou en Suisse Romande, les deux pays frères. Beaucoup d'entre eux ont rendu définitive l'émigration saisonnière qui avait toujours caractérisé l'hiver valdôtain dans des métiers comme ramoneur, sabotier ou pour effectuer les saisons de fromage. La destination principale est la France et en particulier la périphérie parisienne où l’on dénombre au début du XXe siècle dix à douze mille Valdôtains. Ainsi, des villes comme Levallois-Perret concentrent une forte population d’immigrés venus de Vallée d’Aoste. Des sociétés de solidarité sont créées : Union Valdôtaine de Paris en 1897, Union Valdôtaine de Lausanne en 1904… Certains fondent des associations d'assistance mutuelle dont le réseau est tellement développé qu'à New York, par exemple, un Valdôtain pouvait toujours trouver une chambre en location auprès de l'un de ses compatriotes.

Nouvelle vague d’immigration

Le contexte économique va radicalement changer dans les années 1910 avec l'utilisation de l'énergie électrique dans le secteur industriel. De nombreux groupes étrangers à la vallée (piémontais, lombards) vont réaliser d'importantes infrastructures et s'installer dans la basse vallée. C'est le cas de la « Cogne » à Aoste, usine sidérurgique dotée de hauts fourneaux électriques, la « Soie » et la « Brambilla » à Châtillon et Verrès qui opèrent dans le textile, et de la « ILLSA » à Pont-Saint-Martin qui produira des aciers spéciaux. Paradoxalement, cette industrialisation ne va pas freiner l'émigration des Valdôtains mais générer de nombreux flux immigratoires du Piémont, de Vénétie et, plus tard, du sud de l'Italie, vers la Vallée d’Aoste. En effet, les Valdôtains feront l'objet de discrimination à l’embauche en étant délibérément boycottés par les dirigeants de ces entreprises qui leur préfèreront des ouvriers venant de l'extérieur. Le régime fasciste va accroître le phénomène. Les services publics n'embauchent que des fonctionnaires venus d'autres régions pour obliger les usagers à utiliser la langue italienne. Le régime encourage également l'immigration massive d'italophones et l'émigration des populations locales pour concourir à son projet d’italianisation de la région. Les répercutions de la crise de 1929 vont aussi pousser de nombreux Valdôtains à l’exil économique. En 23 ans, de 1921 à 1944, la Vallée recevra 37 500 immigrés et verra partir à jamais 26 000 nouveaux Valdôtains, le tout sur une population totale de 80 000 personnes. Là encore, on retrouve les Valdôtains en région parisienne où ils effectuent des métiers comme chauffeurs de taxis, laveurs de vitres, cireurs de parquets ou ouvriers agricoles. Des lieux comme la Cité Popincourt, dans le XIe arrondissement de Paris, deviennent pratiquement des centres de transit et de solidarité entre Valdôtains. C’est aussi la période durant laquelle l’émigration vers les Etats-Unis et l’Amérique Latine (Argentine, Vénézuéla…) s’intensifie. Tout en ayant ses journaux, ses restaurants, ses groupes de théâtre, ses équipes de sport, l'émigration valdôtaine va aussi suivre le destin progressif de l'assimilation dans les pays qui l'ont accueillie. Les rentrées définitives en Vallée d'Aoste se feront de plus en plus rares. Malgré tout, l'attachement au pays d'origine restera toujours vivace et se transmettra de génération en génération. Ainsi, les associations d’émigrés valdôtains organisent chaque année, dans différentes villes de forte immigration, les rencontres que l'on appelle « Arbres de Noël ». L’Union Valdôtaine de Paris présente son 86e Arbre de Noël et publie le numéro 217 de son trimestriel en janvier 2010. Et chaque été, on célèbre en Vallée d'Aoste une grande « Rencontre valdôtaine » qui rassemble résidents et émigrés.

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