Union Valdôtaine de Paris

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Organisation politique

5 - Découvrez la Vallée d'Aoste - Organisation politique « Le Conseil de la Vallée est composé de trente-cinq conseillers élus au suffrage universel, égal, direct et secret. Pour être électeur ou éligible, il pourrait être requis de résider sur le territoire de la région depuis un certain temps ; la durée minimale de résidence requise ne saurait, en tout état de cause, excéder une année. » (Statuts du Conseil, titre V, art. 16).

En application des dispositions de la loi constitutionnelle du 26 février 1948, le Val d'Aoste constitue une région autonome à statut spécial et reconnaît le statut de langue officielle au français au côté de l'italien. Un Conseil régional composé de 35 conseillers (qui élit son exécutif, une junte) vote les lois régionales. « L'Union valdôtaine », qui est presque sans discontinuer au pouvoir depuis la Seconde Guerre mondiale, a remporté les dernières élections régionales qui se sont déroulées le 25 mai 2008, en obtenant 44,39 % des suffrages, ce qui représente 17 sièges au sein du Conseil de la Vallée. Alliée avec deux autres formations, Stella Alpina (4 sièges) et Fédération Autonomiste (2 sièges), elle dispose donc d'une majorité de 23 sièges au sein de ce Conseil. L’opposition, divisée, compte 12 siège (5 pour « Vallée d'Aoste Vive - Renouveau », 4 conseillers pour Le Peuple de la liberté et 3 pour le Parti démocrate).

« Il y a des peuples qui sont comme des flambeaux, ils sont faits pour éclairer le monde. En général ce ne sont pas de grands peuples par le nombre, ils le sont parce qu'ils portent en eux la vérité et l'avenir » (Emile Chanoux, devise du Conseil de la Vallée).

Le Conseil de la Vallée (Consiglio regionale della Valle d’Aosta, en italien) est la dénomination officielle de l'organe suprême de gestion du pouvoir au niveau local de la Région autonome Vallée d'Aoste, precisée par la loi constitutionnelle qui en a approuvé le statut spécial. Auguste Rollandin est le président de la Région depuis les élections régionales de 2008 et Albert Cerise président du Conseil.

Histoire du Conseil de la Vallée

L’idée d’un « Conseil de la Vallée », c’est-à-dire d’une assemblée représentant les Valdôtains, est liée à partir du Bas Moyen-Âge au sentiment identitaire communautaire et à l’aspiration à l’autodétermination qui ont toujours caractérisé les habitants de cette vallée alpine. L’histoire de l’autonomie valdôtaine précède la naissance de la République italienne et remonte à celle dont elle jouissant déjà sous la Maison de Savoie, dont la souche, Humbert aux Blanches Mains, octroya en 1032 les premières libertés, élargies et définies dans la Charte des franchises de 1191. Au cours des siècles suivants, l’administration royale chercha à uniformiser le droit valdôtain et celui du reste du royaume. Enfin, à l’époque de la Révolution française, la démarche centralisatrice du gouvernement turinois eut des répercussions irrésistibles. L’affaire valdôtaine fut à l’ordre du jour avec l’unité de l’Italie, où l’Etat de la Maison de Savoie passa d’une situation de bilinguisme à une suprématie italophone. Les efforts visant l’uniformité linguistique, déployés par les premiers organes administratifs italiens et par l’administration fasciste, renforcèrent davantage le sentiment identitaire des Valdôtains. En 1909 naquit la Ligue valdôtaine, une société créée par le docteur Anselme Réan, qui s’engagea activement jusqu’au début du régime fasciste, pour qui la Vallée d’Aoste représenta toujours une blessure ouverte. Après l’armistice du 8 septembre 1943, l’autodétermination régionale du Val d’Aoste devenait toujours plus une perspective concrète, alors qu’à cette époque la majorité des mouvements politiques et de résistance valdôtains plaidaient pour l’annexion à la France, envisagée par le général De Gaulle. C’est finalement le fédéralisme à l’intérieur de la toute nouvelle République italienne qui l’emportera.

Le premier Conseil

Le premier Conseil de la Vallée d’Aoste libre et autonome, paradoxalement, ne fut pas élu par le peuple, mais fut composé par les élus des partis adhérents au Comité de libération nationale. La liste des conseillers provisoires fut rédigée par les secrétariats des partis sur propositions des organes locaux et selon le Comité de libération de la Vallée d’Aoste, et approuvée par le Conseil des ministres italien le 29 décembre 1945. Sur la base de cette délibération, le Président du Conseil des ministres de l’époque, Alcide De Gasperi, nomma par un décret du 4 janvier 1946 les premiers 25 parlementaires régionaux, parmi lesquels il y avait aussi une femme, Maria Ida Viglino, qui, en tant que membre la plus jeune, fut nommée aussi secrétaire de la première réunion, présidée par le notaire Joseph Thiébat. Le premier président élu fut l’historien Frédéric Chabod. L’assemblée élit aussi une Junte régionale provisoire, composée par un assesseur représentant chaque parti : le Parti socialiste, le Parti d'action, le Parti communiste, la Démocratie chrétienne et le Parti libéral.

Les premières élections démocratiques

Entre 1948 et 1949, les forces politiques de gauche intensifièrent leurs efforts, grâce surtout à l’engagement du syndic d’Aoste Fabien Savioz, pour obtenir l’autorisation d’organiser des élections régionales et pluralistes. Elles se tinrent le 24 avril 1949 avec un système hypermajoritaire : les trois cinquièmes des 35 sièges appartenaient ainsi à la liste qui obtenait le plus grand nombre de voix et le reste à la deuxième, les autres étant exclues. Les voix disjointes étaient aussi admises, c’est-à-dire qu’on pouvait voter pour deux candidats de deux listes opposées. La victoire fut remportée par la liste unique DC-UV (Démocratie chrétienne – Union Valdôtaine), avec 43,6% des voix, dont tous les candidats furent élus. Les partis de gauche obtinrent les 7 sièges de l’opposition, avec 33,2% des voix. Les listes « italianistes », avec un quart des voix environ, n’obtinrent aucun siège. L’unioniste Séverin Caveri fut le premier président de la Junte régionale et l’avocat Vittorino Bondaz, le premier président de l’assemblée.
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