Union Valdôtaine de Paris

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Des émigrés valdôtains dans la Guerre d’Espagne

colliard_ptL’Institut d’histoire de la Résistance et de la société contemporaine en Vallée d’Aoste publie un livre de Gianpaolo Giordana consacré aux Valdôtains qui se sont engagés, aux côtés des Républicains ibériques, dans les Brigades internationales durant la Guerre d’Espagne. Rappelant ainsi que la Petite patrie n’a pas vécu en marge des grands mouvements de l’Histoire et que l’engagement individuel ou collectif des Valdôtains du passé est riche d’enseignement pour toutes et tous aujourd’hui.

Intitulé Voluntarios Internacionales de la Libertad. Antifascisti valdostani volontari nella guerra civile di Spagna (1936-1939) et préfacé par Giancarlo « Jeannot » Pajetta, ce livre est le fruit des recherches de Gianpaolo Giordana sur les combattants volontaires antifascistes valdôtains dans la guerre civile d’Espagne (18 juillet 1936 – février 1939, la guerre étant déclarée terminée en avril 1939). La présentation de cet ouvrage a été assurée par le Président de l’Institut, le Sénateur César Dujany, Alessandro Pascale, membre du parti de la Rifondazione Comunista et par l’auteur. La Guerre d’Espagne constitue une véritable anticipation de la lutte de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) entre fascismes et démocraties. Gianpaolo Giordana nous propose les biographies des 18 volontaires antifascistes valdôtains dont, jusqu’ici, les noms ont été retrouvés dans les archives, tous fils de l’émigration valdôtaine en France, sauf de rares cas, et tous partis de France pour le front espagnol, avec par ordre alphabétique Joseph-Ferdinand Berger (originaire de Champdepraz, du hameau du Luvey, à La Fabrique) ; Ferdinand Blanc (Saint-Rhémy-en-Bosses, du village du Plainay) ; Emmanuel-Paul Buillas (Champdepraz, du village d’Hérin) ; Jean-François Challancin (Arnad, de Ville) ; Aristide Alphonse Rémy Chenuil (Levallois-Perret, aujourd’hui Hauts-de-Seine, d’une famille originaire de Pont-Saint-Martin, du village du Bosquet) ; Marius Colliard (Hône) ; Pantaléon Victor Dalle (Donnas, du village de Rovarey) ; Attilius Michel Domaine (Roisan, du village de Massinod) ; Eugène Dondeynaz (Aoste) ; Isidore César Gadin (Aoste) ; François Pierre Garavet (Champdepraz, du village de Chevrère) ; Vincent André Jaccod (Introd, de Villes-Dessous, qui participa à La voce degli Italiani, à Paris, l’organe de l’émigration antifasciste en France) ; Jules Philibert Lateltin (Arnad) ; Jean Rudaz (venu de Brusson) ; Hilaire Joseph Marius Saudatto (Nus, né au bourg) ; Jean Savoye (Aoste) ; Marie-Justine Pierrine Vauthier (Rhêmes-Saint-Georges, du village du Cachaz. On retrouve cette anarchiste en Espagne dès 1931. Elle s’installera à Toulouse après la Guerre d’Espagne) ; Joseph Vuillermin (Brusson, né au mas de Guillattes).
Cinq Valdôtains sont tombés pour la cause républicaine espagnole antifasciste (Garavet le 30 novembre 1936, Blanc le 12 février 1937, Lateltin le 21 avril 1937, Saudatto le 13 juillet 1937, Dalle le 12 juillet 1938) et l’on sait que six de ces dix-huit volontaires entreront aussi dans les mouvements de Résistance et dans la guerre aux côtés des Alliés, durant la Seconde Guerre mondiale. Certains en France, d’autres en Italie, d’autres encore en Vallée d’Aoste. Marius Colliard sera fusillé par les fascistes à Hône le 1er septembre 1944. Quelques-uns d’entre eux passeront aussi un temps dans des camps d’internement, en France.

Photo - Marius Colliard lors de son arrestation par les fascistes, à Hône en 1944.
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