Union Valdôtaine de Paris

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Depuis cent ans, la mémoire des Valdôtains

memoire1_ptPar Alessandro Celi, Président de la Fondation Emile Chanoux d'Aoste

Le Messager Valdôtain a fêté en 2011 son centième anniversaire. Le premier numéro, daté 1912, est paru en 1911. Depuis lors, avec pour seule exception les années 1944/45, due à la guerre, Le Messager revient chaque année, avant Noël, pour apporter à ses lecteurs « la joie, les souvenirs du passé, la confiance dans l’avenir et un attachement toujours plus grand au pays », comme le dit le souhait qui marque la fin de chaque numéro.
Le Messager présente une structure presque immuable : il fournit une série d’informations pratiques comme le tarif postal, le calendrier liturgique catholique et celui agricole ; il donne la liste des autorités civiles et religieuses de la région et du diocèse ; il résume les événements les plus importants de l’année dans chaque commune. Le tout agrémenté par des articles d’histoire et d’art, des chroniques de sport, des historiettes et des blagues, auxquels s’ajoutent un calendrier orné des photos de paysages valdôtains et, depuis 1995, l’hommage d’un livre dédié au passé du Val d’Aoste. Cette formule, comme on l’a dit, a peu changé pendant cent années : aux articles et aux rubriques se sont ajoutées les photos fournies par les lecteurs, représentant des fêtes, des générations de la même famille ou les défunts dans les différentes communes de la Vallée. Ainsi, Le Messager devient un véritable journal de famille, dans lequel on peut retrouver les visages des gens que l’on a connus et qui nous ont quittés et revenir avec l’esprit aux moments de joie ou de tristesse qui composent la vie de chaque jour.

L’origine du Messager
Le Messager naît à l’initiative d’un groupe de prêtres connus sous le sobriquet de Jacquêmistes. Un surnom tiré de l’ancien Prieuré de Saint-Jacquême, qui occupait pendant le Moyen-Age l’endroit où s’élève depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle le Grand Séminaire du diocèse. Il s’agissait de Gabriel Pession, Pierre A. Plassier, Pierre A. Maquignaz, Albert Vuillermoz et Pierre Gorret, qui avaient déjà créé L’Echo de Saint-Jacquême durant leurs années de Séminaire. Les jeunes prêtres, réunis près du sanctuaire marial de Machaby, décidèrent d’offrir aux lecteurs valdôtains un almanach sur l’exemple du Messager Boiteux de Berne et Vevey, édité en Suisse depuis 1708.
Ainsi, ils créèrent une revue annuelle, permettant de suivre les événements qui touchaient le Val d’Aoste mois après mois. Paru le 22 novembre 1911, à 3 000 exemplaires, le premier numéro du Messager eut un accueil très favorable et les fondateurs, poussés par ce succès, donnèrent une forme stable à la rédaction, dont la direction fut confiée à Gabriel Pession, qui la maintint jusqu’en 1953 et choisit les collaborateurs et les correspondants. Le Messager se caractérisa par la présence d’un grand nombre de photos et de vignettes, dans une période où les journaux locaux commençaient à peine à présenter quelques rares images.
Le souci d’assurer au public un produit toujours à la hauteur du temps représente l’une des principales caracté-
ristiques du Messager. Aujourd’hui, l’Imprimerie Valdôtaine, chargée de son impression depuis 1964, travaille avec une machine à imprimer parmi les plus modernes au monde, laquelle permet des travaux raffinés, tel que la couverture laminée en or de la couverture de l’édition 2011, embellie aussi par la reproduction d’une œuvre du sculpteur Giovanni Thoux, réalisée à l’occasion du centième anniversaire de l’almanach.

Le Messager à travers le temps
Si la formule du Messager a peu changé au fil du temps, la réalité valdôtaine n’est en revanche plus celle de 1911 et l’almanach a dû apporter des modifications, sinon dans sa forme, au moins dans sa substance. Ainsi, l’inspiration apologétique, le souci éducatif et la forte intonation morale qui caractérisent le Messager pendant la première moitié de sa vie a cédé, peu à peu, à une formulation moins militante et plus attentive aux aspects culturels des thèmes abordées. On pourrait même dire que le Messager actuel est une revue plus scientifique et moins ecclésiastique. Si le directeur responsable est encore un prêtre, s’il existe une rubrique fixe dédiée aux prêtres défunts, si les hommes d’Eglise ont encore un rôle non négligeable dans sa rédaction, en signant chaque années plusieurs articles, la plupart des contributions qui paraissent dans la revue est désormais confiée aux laïcs, parmi lesquels figurent bon nombre des membres de l’Académie Saint-Anselme, lesquels assurent des écrits concernant l’histoire et les traditions de la Vallée d’Aoste.
Cette modification provient du changement dans la typologie des lecteurs, un changement dû à la disparition presque totale du monde rural qui représentait le destinataire privilégié des efforts des Jacquêmistes et à la différence de goût entre les lecteurs des origines et ceux du XXIe siècle.
Ce qui est resté toujours constant dans le Messager est l’amour pour le Pays, témoigné par l’attention aux différents aspects de la vie du Val d’Aoste et à ses protagonistes : un amour fidèle que ses lecteurs lui reconnaissent et qui constitue la motivation principale d’un succès ininterrompu depuis un siècle.
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