Union Valdôtaine de Paris

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Daniel Ronc, parlons vache

ronc_ptLe photographe Daniel Ronc se consacre depuis de nombreuses années à une passion douce et tranquille au coeur du terroir valdôtain, les vaches.

Qu'est-ce qui vous a donné la passion des batailles de vaches ?
La passion pour la bataille de vaches je l'ai eue quand mon voisin d'alpage, Lino Jordan, a eu la reine régionale, la myhtique Payson, en 1989. Avant, dans notre Vallée, la Coumba Freida, on élevait seulement des vaches pie rouge. Les noires étaient très rares.

Comment cette tradition trouve t-elle aujourd'hui
sa place dans la modernité ?
Le monde devient toujours plus moderne mais les vaches continuent leurs vie tranquillement. Elles broutent l'herbe. Elles donnent du lait. Et elles luttent. On peut tous changer mais on ne change pas les rythmes de la nature. Il y a encore une petite place pour les vaches et le berger pour l'instant. Pour ce qui est du futur, peut-être que l'on fera des réserves comme pour les Indiens d'Amérique. On verra...

A l'instar de la tauromachie en Espagne et même si les batailles de vaches sont somme toute sans grand danger, quels arguments faites-vous valoir auprès de celles et ceux qui s'inquiètent du caractère maltraitant de ces combats ?
Le combat de reines est une chose très naturelle et pas cruelle. Il y a eu et il y aura toujours des associations quis'inquiètent pour ça mais je crois que pour juger un monde il faut le connaître et souvent c'est l'ignorance qui est dangereuse. Moi je cherche, avec mes photos, à m'ouvrir aux autres, à tous ceux qui n'appartiennent pas à mon monde.

Quel regard particulier le photographe que vous êtes pose sur ces sujets que sont les vaches valdôtaines ?
Moi j'aime les vaches valdôtaines et je lutte pour maintenir notre race pure : très fortes, rustiques, courageuses, qui savent s'adapter aux conditions très difficiles de notre terroir valdôtain en pente, dans le froid et la neige. C'est une race unique et elle ne doit pas rester un objet à traire comme dans les grandes étables de la plaine.

Est-ce qu'il y a d'autres traditions valdôtaines qui
vous tiennent à coeur ?
Oui, presque toutes : le fiolet, la rebatta, lo tzan, lo palet. Tout ce qui est valdôtain. Je suis très lié à ma Vallée !

Comment les traditions valdôtaines au sens large peuvent-elles aujourd'hui nourrir l'identité et le devenir des jeunes valdôtains ?
Les traditions valdôtaines sont fascinantes, amusantes et surtout saines. Qui aime notre Petite Patrie aime ses traditions. J'ai beaucoup de copains qui ne sont pas Valdôtains d'origine : Albanais, Polonais, Maghrébins qui aiment les batailles de reines. Et c'est notre intérêt de nous ouvrir aux autres pour qu'ils puissent maintenir en vie l'activité agro-pastorale qui est indispensable pour la protection du territoire. La plus grandeerreur que l'on puisse faire, c'est celle de ne pas partager avec les autres nos traditions et de se serrer entre nous ! C'est une chose qui nous appartientmais on ne doit pas hésiter à la vivre avec toute la société.

• Blog - http://reinesvalleedaoste.over-blog.com

• Légende – Daniel Ronc et son fils Emilien.
• Crédit photo – Daniel Ronc.
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